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Philippe Guillemant: ce que je pense de l'Astrologie

Ce que je pense de l'astrologie

Je ne crois pas à l'influence physique des astres sur notre destinée, mais je n'écarte pas la possibilité de synchronicités de type astrologique. Quoi qu'il en soit, je ne crois pas du tout dans la possibilité de prédire l'avenir par un quelconque moyen (voyance, astrologie, etc.) car je pense que l'avenir est multiple, en partie sous l'influence de notre libre arbitre individuel et collectif. En admettant que l'astrologie soit fondée sur la synchronicité, ce qui impliquerait que notre psyché future soit par avance synchronisée avec les rythmes planètaires sur la base de correspondances symboliques, elle ne pourrait prévoir qu'une augmentation de la probabilité de certains évènements, relatifs à ces correspondances, mais seulement lorsque les personnes concernées sont entièrement conditionnées, leur sensation de liberté étant illusoire.

Au contraire, j'aurais tendance à penser que plus on fait des prévisions qui suscitent des croyances qu'un certain avenir va se réaliser et plus on contribue à ce que ces prévisions ne se réalisent pas. Les croyances se situent en effet à l'opposé de l'état d'esprit bien plus subtil et "centré" qu'il convient d'avoir pour faire en sorte que l'avenir se conforme à nos pensées, et à ce sujet, j'en profite pour mettre en garde contre les idées lamentables qui dérivent du mouvement new-age ou encore de certaines techniques de développement personnel qui voudraient nous faire croire, entre autres, que nos croyances créent notre réalité. En réalité, elles ne font que déterminer de façon causale notre comportement en nous rendant esclaves de leur conditionnement. Rien de plus niais, donc, dans cette affaire, que d'y voir de la "magie quantique". A ce titre, le paysan du coin est bien plus intelligent en rétorquant: "si c'était vrai, ça se saurait".

Ce caractère contreproductif de nos croyances ne concerne pas, bien entendu, l'erreur récente de la communauté astrologique qui a majoritairement cru bon de prédire l'élection de Nicolas Sarkozy à partir d'analyses de son thème de naissance et de celui de son concurrent François Hollande. Les astrologues vous diront certainement aujourd'hui que cette erreur provient du fait que l'astrologie décrit essentiellement un vécu intérieur dont il est aventureux de déduire un vécu extérieur. En gros, si Nicolas Sarkozy avait un bien meilleur thème que celui de François Hollande, cela exprime le fait qu'il vit très bien le fait d'avoir perdu l'élection alors que François Hollande se trouve confronté en première ligne à une crise qui risque de lui provoquer bien des soucis. Un peu facile, tout de même...

Non, l'idée que nos croyances pourraient influer sur notre avenir en favorisant le contraire de ce qui est prévu permet plutôt de mieux comprendre la fonction sociétale des prophéties: elles sont en grande majorité catastrophistes et à mon sens utiles pour éviter leur réalisation. Etant donné la conception du temps que j'expose dans la théorie de la double causalité, je ne m'interdit pas de penser que notre futur a peut-être déjà été vécu et que notre présent actuel balaye une nouvelle version de qu'on pourrait appeler la "ligne temporelle de la terre", qui serait mémorisée dans ce que l'on nomme les "annales akkashiques". En rejouant ainsi cette ligne temporelle nous la faisons évoluer et il est toujours bon d'avoir des indications sur l'ancien futur de notre ligne actuelle, quitte à nous faire peur, si l'on veut éviter de refaire les mêmes erreurs que les "anciennes générations" qui ont batit notre ancien futur.

Cependant, il existe des déterminismes variés qui nous permettent de prédire partiellement l'avenir, ne serait-ce que celui des planètes de notre système solaire ou celui du rendez vous que j'ai dans tel mois, tel jour, telle heure pour donner une conférence sur tel sujet. Parmi ces déterminismes, il en est un dont je parle dans mon livre: le déterminisme inversé, c'est à dire rétrocausal. Les lois de la physique fonctionnent en effet dans les deux sens du temps, or s'il existe certains éléments de l'avenir qui ont une forte probabilité d'advenir, alors ce déterminisme inversé est susceptible de dérouler ces évènements futurs en sens inverse du temps pour "combler les vides" restant indéterminés jusqu'à atteindre notre présent.

Dans le dernier chapitre de "La Route du Temps", je parle de l'astrologie au travers d'un dialogue avec mon "maître intérieur" à qui je pose des questions, en voici un extrait:

<<Me confirmes-tu que toutes les méthodes de divinations, voyance, tarots, Yi-King, s'expliquent par la seconde causalité ?

Oui bien sûr, dans la mesure où vous ne voyez dans tous ces supports que ce que vous y projetez par vos intentions. Mais le remue-ménage d'informations que vous provoquez dans votre futur vous ramène dans le présent des informations supplémentaires, d'où cette sensation de magie, mais attention à ne pas y attacher trop d'importance.

Même l'astrologie ?

Oui, même l'astrologie. A plus d'un égard, l'astrologie exploite la seconde causalité. Pas seulement dans la technique d'interprétation, qui amplifie les effets miroirs par les mêmes mécanismes que les autres techniques. Il y a une réelle synchronisation entre vos trajectoires de vos vies potentielles, telles qu'elles sont déjà programmées dans vos futurs, et les configurations planétaires de votre système solaire. La Loi de convergence des Parties étant créatrice d'ordre, elle harmonise avec votre environnement les comportements de votre part dont elle a besoin pour prédéterminer "en votre absence " vos trajectoires de vie, lorsque celles-ci sont indéterministes. Car elle ne connaît pas le hasard. Aussi longtemps que vos intentions ne l'influencent pas, c'est-à-dire que votre libre arbitre reste illusoire, vous vivez des états d'âme ou des rencontres synchronisés à ces configurations, que l'on peut qualifier d'archétypes. Mais rassure-toi, tout cela s'évanouit dès que l'homme exerce son libre arbitre. C'est pourquoi il est dommage que la pratique courante de l'astrologie nous laisse croire à une véritable influence des astres, alors que cette influence n'a aucune réalité physique. Néanmoins il faut signaler que certains astrologues le comprennent, comme ton ami Michel d'Aoste [1] par exemple, qui propose une théorie bannissant toute influence physique et qui est tout à fait séduisante.

Donc si je comprends bien, aussi longtemps que nous restons conditionnés nous subissons une influence des astres qui n'en est pas une, mais qui relève simplement d'une synchronisation entre nos comportements et le ballet planétaire ?

Oui, dans la mesure où ces comportements restent sujets à suffisamment d'indéterminisme. Car la Loi de Convergence des Parties ne peut œuvrer que pour combler un manque de causalité. Si tout est prévu d'avance dans ton comportement et qu'il n'est sujet à aucun aléa, alors il sera déterminé par le passé. >>

L'astrologie s'expliquerait ainsi par le caractère néguentropique (créateur d'ordre) du déterminisme inversé qui reconstruit déjà le passé à partir du présent. Ce déterminisme inversé interviendrait également dans la formation dès à présent de notre futur à partir de tout ce qui y est déjà nécessairement déterminé, du fait de la causalité (mécanique) ou des rendez vous que nous nous sommes fixés (intentions). Même si ces pré-déterminations de notre futur sont multiples, elles n'en restent pas moins toutes partielles et il faut bien qu'elles parviennent à se relier à notre présent en comblant les zones spatio-temporelles qui restent indéterministes. Ceci se fait à mon sens au moyen de ce que j'appelle la "loi de convergence des parties" qui n'est rien d'autre qu'une "loi d'attraction" qui choisit, parmi toutes les trajectoires rétrocausales possibles, celle qui génère le maximum d'ordre, c'est à dire les trajectoires les simples: par exemple, s'il ne sert plus à rien de faire un détour pour passer par un évènement dont toute trace à disparu, alors cette loi choisira la ligne droite. C'est en quelque sorte une extension de la loi de l'inertie qui fait que chaque objet de l'univers choisit la ligne droite en l'absence de tout facteur pouvant rompre son inertie, sauf qu'elle est plus générale: elle parvient à choisir un trajet déterministe parmi plusieurs évolutions mécaniques possibles qui respectent pourtant toutes la loi de l'inertie de base, laquelle est insuffisante, je me tue à le dire (voir mon billard).

Le problème avec "l'inertie des comportements humains" est que l'univers ne dispose pas à priori de l'information qui lui permet de savoir quels seront nos comportements futurs, puisque nous avons censément un libre arbitre. Or c'est là que l'astrologie peut trouver sa justification (partielle), dans la mesure où l'univers aurait besoin de "simuler" au plus juste notre comportement (malgré notre libre arbitre). D'après notre loi inertielle rétrocausale, l'univers crée les comportements les plus simples en conformité avec l'ensemble des rythmes qui nous déterminent biologiquement et biopsychiquement. Certains de ces rythmes ont de très longues périodes qui déterminent notre façon de vieillir, d'autres ont de courtes périodes qui déterminent notre comportement journalier. Or il se trouve que les planètes et autres objets importants de notre système solaire déploient des rythmes diversifiés qui s'expriment dans ces mêmes périodes de temps. En l'absence d'informations relatives à notre libre arbitre, l'univers choisirait donc la voie la plus simple (la plus conditionnée), ce qui l'amènerait à synchroniser nos rythmes avec les autres rythmes déterministes qui imprègnent notre environnement. On sait déjà que lorsque deux systèmes mécaniques qui fonctionnent avec des rythmes proches sont mis en présence, ils finissent toujours par se synchroniser via le phénomène de résonance. Mais indépendamment de cette analogie purement mécaniste, il existe une raison simple à cette synchronisation: le chemin qui maximise l'ordre correspond à celui qui consomme le moins d'informations: tel un immense ordinateur, l'univers passerait ainsi son temps à se simplifier la vie sans faire dans la dentelle. La dentelle, ce serait nous: notre libre arbitre.

La théorie de la double causalité fournirait ainsi une explication rationnelle au phénomène astrologique. Mais attention, car cela voudrait dire qu'il faudrait la pratiquer d'une façon radicalement opposée à celle dont elle est pratiquée aujourd'hui par la majorité des astrologues: non pas pour prévoir l'avenir, mais pour expliquer le passé, en particulier les raisons pour lesquelles nous avons traversé certaines épreuves, faute d'avoir laissé notre égo et notre mental faire fuir notre esprit, le seul détenteur de notre libre arbitre. Cela dit, certains astrologues (dont Michel d'Aoste, au livre duquel j'ai rédigé en 2008 une préface dont voici un extrait) parviennent à surfer sur toute la subtilité du phénomène astrologique pour faire un peu mieux que des reconstitutions du passé, et il y a aussi un aspect de l'astrologie sur lequel je ne me suis pas encore prononcé: la question du tempérament...

A suivre ICI