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Théorie de la Double Causalité

Questions - Réponses

sur le livre La Route du Temps

ou sur la Théorie de la Double Causalité

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Questions de Stéphanie (mes réponses en italiques):

Je suis peut-être trop influencée par la S-F mais, étant donné la possibilité d'une infinité de futurs possibles, je me demande s'il y a une possibilité pour que ces univers parallèles soient d'autres versions de notre monde, avec d'autres versions de nous-mêmes qui ont fait des choix différents et dont la vie diffère de la nôtre soit par des détails insignifiants puis, à mesure que ces versions du monde "s'éloignent" du nôtre, par des éléments de plus en plus importants.

Il faut différencier (1) l'ensemble des univers parallèles aux nôtres, qui correspondent à tous les potentiels alternatifs de nôtre univers, et (2) tous les autres univers parallèles qui correspondent à d'autres mondes que le nôtre, totalement indépendants (quoique), et qui possèdent leurs propres potentiels alternatifs. Dans notre monde (1) vous n'avez qu'une seule vie (à une époque donnée) et il n'existe pas d'autres versions de vous-mêmes qui auraient fait des choix différents. Si c'était le cas d'ailleurs, ces autres "vous-mêmes" ne seraient pas vous-même, car votre identité est reliée à vos choix. Par contre il n'est pas impossible qu'une partie de vous-mêmes vive aussi dans d'autres mondes, mais il s'agit là d'une conjecture plus douteuse.

Par exemple, si un jour de congé, je choisi d'aller au cinéma plutôt qu'au musée, je suppose que le nouvel éventail des possibilités qui s'offrent à moi dans la version de l'univers où j'habite ne comprend plus que des options "cinéma". J'aimerais toutefois savoir s'il y a une possibilité pour que les options "musée" continuent d'exister dans d'autres univers ou même s'il n'y a plus du tout d'option "cinéma" ou "métro" pour des versions de moi d'univers plus "éloignés". Je sais que j'utilise un terme incorrect mais j'entends par là un monde dans lequel les différences entre ma vie et celle des autres "moi" sont plus grandes que simplement prendre un thé plutôt qu'un café au petit déjeuner. Ce pourrait être un monde où ce jour-là je reste à la maison avec une grippe, où j'ai 5 enfants en congé pédagogique, ou même un monde où je suis décédée depuis des années.

Vos options "musée" cessent d'exister si vous avez choisi "cinéma". Pour qu'elles reviennent éventuellement dans le présent où vous aviez ce choix à faire il faudrait que notre univers (1) soit entièrement rejoué, car tout est imbriqué: notre ligne temporelle est imbriquée dans celle de la Terre et ainsi de suite. Et même si notre univers était "rejoué" (comme une tête de lecture qui parcoure un film aux scénarios multiples), les choses seraient très différentes et même dans le cas où votre "corporalité" fasse à nouveau partie de ce nouvel univers, il n'est pas évident que vous retrouveriez le choix entre "musée" ou "cinéma" et encore moins évident que ce soit vous qui rejouiez cet autre physique de vous-mêmes. Je crois plutôt à l'idée que s'il existe d'autres parties de vous-mêmes, elles pourraient éventuellement exister dans d'autres univers indépendants, temporellement parlant, ce qui expliquerait pourquoi nous n'en avons pas conscience.

De plus, est-il abusif de penser que l'existence d'univers parallèles règlerait le problème que pose le paradoxe du grand-père? Si on pouvait voyager dans le temps, j'imagine qu'une personne qui projetterait de tuer ses parents avant la date de sa conception créerait une nouvelle ligne temporelle dans laquelle il n'a jamais vécu, avant de retourner à sa propre ligne spatio-temporelle dans laquelle il continue d'exister. Dans bien des émissions de S-F, on le ferait retourner à un présent dans lequel personne ne le connaît, sans penser au paradoxe que pose l'obligation qu'il ait existé pour aller tuer ses parents dans le passé et ainsi "annuler" son existence...

Résonnez en terme de ligne temporelle où passé et futur sont simultanés: il n'est pas possible de modifier un passé qui a déjà été vécu aussi longtemps que des traces de ce vécu subsistent dans une seule conscience, car ce sont ces traces qui figent le passé. Il est cependant possible de créer un passé qui ne l'a pas encore été même si le temps est passé (la tête de lecture). Ce qui laisse tout de même la possibilité de modifier le passé à plus d'un titre (disparition des traces ou absence de création par la tête de lecture), mais comme le passé est le résultat (toutefois indéterministe) du présent et non l'inverse, le paradoxe du grand-père reste impossible, de même que se réincarner dans le passé.

Il n'en reste pas moins que même sans incarnation, la possibilité théorique de créer ou de recréer un passé respectivement jamais vu ou disparu me turlupine, car ce serait un moyen d'agir sur le futur qui pourrait concurrencer notre libre arbitre, par changement de ligne temporelle à partir du passé. Or comme tout ce qui n'est pas impossible a tendance à arriver en ce bas monde, qui sait si certaines formes d'existence ne seraient pas capables de nous manipuler par ce biais là ?

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Questions de Rebecca:

J'ai entendu, récemment, les frères Bogdanoff dans une émission de télé. Ils citaient un disciple d'Einstein qui disait ceci: "J'ai d'abord cru que la matière était solide, puis j'ai compris que celle-ci était en fait de l'énergie, pour finir sur la conviction qu'elle était avant tout de l'information(s)".

Ma question est donc la suivante :

Existe-il un lien entre cette réflexion et la théorie de la double causalité?

Oui, la théorie de la double causalité se trouve même renforcée dans un univers qui serait composé d'informations, en lieu et place d'une matière qui ne nous apparaît que via le filtre de notre conscience. La notion d'espace deviendrait purement technique, sa précision ne pourrait être infinie, l'univers serait en quelque sorte "maillé" et il en résulterait un indéterminisme macroscopique avéré par l'absence de réalité d'une précision inférieure à la longueur de Planck (10-35 mètres).

Notre arbre de vie (nos multiples futurs pré-existants) sont-ils composés, à leurs niveaux le plus ultime, d'information(s)?

Oui, la notion d'information convient bien pour décrire la structure de ce qui est en mouvance perpétuelle dans notre futur, notamment les univers probables multiples qui ne sont pas nécessairement vécus par une conscience.

Les dimensions supplémentaires internes de notre conscience seraient-elle la voie royale pour nous conduire vers la connaissance absolue de l'univers et de nous-mêmes?

Oui, et c'est là l'un des traits les plus originaux de la théorie de la double causalité, celui qui consiste à affecter à l'âme et plus généralement à tout ce qui nous caractérise en tant qu'êtres spirituels, les dimensions supplémentaires invisibles car internes (= intérieures) de l'espace.

Tout cela se rapprocherait fortement des personnes vivant une EMI (impression d'omniscience) et de la tradition bouddhiste (atteindre la vérité/vacuité par la méditation/connaissance intérieure(s)).

Oui, et notamment la sensation d'atemporalité (au travers de la revue de vie par exemple) qui caractérise les EMI ainsi que les expériences de sorties hors du corps: en se déconnectant d'un cerveau devenu inerte ou végétatif, définitivement ou temporairement, l'âme retrouverait sa mobilité dans les dimensions supplémentaires ce qui lui permettrait de se déplacer librement, dans un univers devenu intemporel où la causalité n'aurait plus cours et où l'on disposerait de la faculté de visiter le passé tout comme les multiples futurs probables. Seul inconvénient qui n'en est pas vraiment un: on perdrait la faculté de modifier cet univers, de contribuer à le façonner.

Enfin, je terminerai la-dessus, quel lien peut-on envisager entre cette information "quasi"-illimitée et la notion du temps qui passe?

Le temps qui passe, c'est à dire le présent, est à mon sens cette propriété exclusive de la conscience qui permet de façonner l'univers, c'est à dire de le forcer à passer par de nouveaux états (lignes de vies) afin d'assurer son évolution dynamique vers un ensemble d'histoires de plus en plus élaborées, et je vais m'avancer: afin qu'au moins une partie d'entre elles soient de plus en plus agréables à visiter lors de notre vraie vie de touriste de l'au-delà ? Ca me parait en tout cas utile si on ne veut pas s'y ennuyer éternellement.

Ce dernier, le temps d'une vie et en collaboration avec notre cerveau, nous permettrait-il de réguler ce flux continu et incommensurable d'information(s)?

A mon avis non, le temps n'est pas le régulateur mais uniquement la fonction, la pointe de lecture-écriture qui crée le changement. Cette fonction a cependant effectivement besoin d'un régulateur pour réguler ce qui se prépare en attendant d'être éventuellement réalisé dans nos futurs multiples collectivement construits. C'est peut-être là que Dieu intervient ?

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Question de Edgar J. Wuyts:

J'avais déjà eu un contact avec vous voici près de 1 an à propos de votre très intéressant livre sur la TDC. Si je vous écris à nouveau c'est parce que, revenant sur votre site, je relance le sujet à propos du libre-arbitre auquel vous semblez fermement croire. Mais là, où le bât blesse, est que votre hypothèse de travail se fonde sur la (méta) physique, quand bien même fut-elle quantique. Le domaine psychique a une expérience des plus évidentes et concrète, concernant ce fameux libre-arbitre. Or, votre approche fait abstraction de l'inconscient psychologique et, il faut reconnaître, que cela fait cruellement défaut chez une majorité de scientifiques impliqués dans la "matière" laquelle, pourtant, fait corps avec l'esprit. Le "Tout en Un" n'est-il pas dorénavant reconnu ? Evidemment, me rétorquerez-vous, à chacun son créneau mais ne convient-il pas, avant d'avancer de séduisantes hypothèses, de voir l'autre côté du miroir ?

Je vous invite à lire ce texte où je tente de vous convaincre (même si je n'y crois pas trop) ; il expose succinctement le point de vue relatif à la psychologie-analytique et renvoie à l'expérience et l'empirisme de Jung et autres psys, voire à l'un et l'autre philosophes. En conséquence de quoi, je suis convaincu que le libre-arbitre est relatif et que, de toute façon, la véritable substance du monde est inexplicable.

Réponse:

Après lecture de vos écrits ou citations je ne constate pas de désaccord entre nous sur la question du libre arbitre.

Tout comme vous je suis conscient de la puissance de l'inconscient psychologique ainsi que de l'egocentrisme et je pense que le libre arbitre de l'ego qui décide consciemment de ses actes n'existe pas. Il existe d'ailleurs d'autant moins qu'il se révèle agressif et irrespectueux des libertés d'autrui. Nous sommes ici dans un pur conditionnement autour de l'entretien de l'image de soi, or tout ceci s'explique de façon causale c'est à dire neuronale: point de libre arbitre dans de tels processus neurobiologiques.

Tout comme vous j'incline vers un libre arbitre relatif et faillible, mais il ne faudrait pas éteindre complètement par vos doutes cette petite lueur dont vous reconnaissez ainsi l'existence éventuelle et qui peut devenir une véritable lumière éclairant votre volonté, la vraie.

Le véritable libre arbitre est à rechercher au niveau de l'être intérieur, et cela nécessite, comme vous le reconnaissez là aussi à travers votre citation de Shopenhauer, une connaissance approfondie de soi.

Développer son être intérieur n'est pas une chose aisée. Aussi longtemps que vous cherchez à raisonner vous restez enfermé dans une prison mentale et vous n'êtes pas libre. La réflexion emprisonne. Pour trouver son être intérieur il faut se débarrasser de l'emprise du mental en trouvant une position où l'on devient l'observateur de ses pensées et non l'esclave de ses pensées. C'est tout le sens de la méditation ou autres pratiques connexes, en ce qui me concerne c'est la randonnée (ou les gros efforts physiques prolongés) qui après m'avoir secoué le cerveau (un véritable polluant) ou encore "vidé l'esprit" me redonne la confiance et la joie qui me permettent de retrouver ma lumière.

Le meilleur indice que l'on retrouve enfin son être intérieur, cette lumière, et que l'on peut donc se fier à la volonté qui en émane, c'est que cette volonté s'accompagne d'une très profonde et très agréable sensation d'amour et de don de soi à réaliser, la sensation d'avoir trouvé la mission que l'on se donne ici bas, et un indice de contrôle est que cette sensation doit être complètement désinteressée: la décision d'un acte authentiquement libre est déjà porteuse de sa récompense qui est d'exister dans le présent sans aucun calcul quant à ses conséquences ou à ses attendus. Ce don de soi est d'ailleurs à ce titre vraiment l'inverse d'un sacrifice.

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Questions de Rebecca:

« J'ai quelques questions concernant notre place dans toutes les réalités crées par l'univers, et la place de ces dernières par rapport à nous-mêmes, j'espère ne pas être trop brouillon!

- Quand vous écrivez: "Il ne reste plus aux physiciens qu'à admettre que ce genre de superposition existe non seulement dans le passé, mais aussi, et selon ma thèse, dans le futur, pour que la Double Causalité entre en physique par la grande porte", cela veut-il dire que nous existons partout à la fois (temporellement parlant, comme une onde?).

- Quand vous écrivez:" Si, comme le dit Stephen Hawking, l'univers crée automatiquement toutes les histoires possibles et que nous ne vivons que celle que nous observons, qu'advient-il de celles que nous n'observons pas ? " Pensez-vous que, liée à la théorie des cordes et à celle des multivers, l'idée selon laquelle nous existerions ailleurs avec ces autres réalités/choix soit une possibilité envisageable?

Pourrait-on parler d'un univers avec une pluralité de mondes (soi-même sélectionnant à chaque fois une réalité spécifique, dans chaque monde de cet univers). Ainsi, chaque soi-même serait unique, car chaque réalité/choix serait différent.

La théorie d' Hugh Everett vous semble-t-elle exagérée? Beaucoup de philosophes parlent du Rasoir d'Occam pour mettre en doute cette dernière, indiquant que la solution la plus économique est la meilleure. Cependant...N'est-ce-pas plus simple d'envisager que tout soit possible ? Surtout que la mécanique quantique a été prouvée scientifiquement.

Merci pour votre réponse, je m'embrouille un peu avec les termes univers, mondes, réalités, dimensions, ondes, espace-temps,... »

Réponse:

Comme indiqué page 158 de mon livre (la magie du hasard) et reformulé ici, je pense qu'il faut concevoir deux formes d'existence pour n'importe quel système de l'univers:

  • (1) une forme multiple d'existence physique mais non observée ni vécue: toutes les possibilités d'évolution d'un système coexistent alors simultanément (en superposition d'états ou dans des espaces parallèles),
  • (2) une forme unique d'existence observée et donc vécue: une seule évolution est choisie pour entrer dans notre réalité unique commune, c'est la fonction du vécu à laquelle la physique ne répond pas.

Remarquons que le temps est totalement inutile à la première forme d'existence (jamais vécue), car le présent n'y a aucun sens et le passé et le futur y sont automatiquement créés sans qu'aucune entité "présente" quelque part dans le temps puisse observer toutes ces créations parallèles ou seulement l'une d'entre elles. Ce constat rejoint au moins les conclusions de la théorie de la gravité quantique à boucles sur l'inexistence du temps.

Avec la seconde forme d'existence, la notre, le présent retrouve tout son "sens". Cependant, d'un point de vue physique il n'est pas possible de différencier les deux formes (1) et (2), parce que la physique ne répond pas (autrement que par le hasard) à la question du choix qui nous permet de vivre une seule vie et non une infinité de vies simultanées. Stephen Hawking lui-même fait l'impasse sur cette réponse, tout en admettant cette fonction "magique" de l'observateur qui est de provoquer la réduction d'états en une seule réalité vécue (mesurée). Donc, pour répondre à votre première question, nous n'existons pas partout à la fois, nous n'existons que dans la forme (2) d'existence, les formes (1) étant seulement un ensemble de potentialités jamais vécues ni observées, bien qu'elles soient toutes aussi réelles que (2) du point de vue physique. L'univers crée tout ce qui est possible, nous choisissons de vivre communément une seule de ces réalités possibles..

Concernant votre deuxième question sur la création automatique de toutes les histoires possibles, avancée par Stephen Hawking, il s'agit ici des formes (1) d'existence. Qu'advient-t'il de ces formes d'existence lorsqu'elles ne peuvent plus être vécues ? Voila la question à laquelle Stephen Hawking semble répondre implicitement qu'elles continuent d'exister, mais qu'elles ne font pas partie de notre monde. J'ai un autre point de vue là dessus, car je ne pense pas que toutes les histoires possibles sont crées à partir du big-bang. Je pense que toutes les histoires possibles sont créées à partir de notre vécu, donc à partir du présent, y compris les histoires passées. En ce qui concerne ces histoires passées, il n'y a d'ailleurs aucune raison de considérer toutes les alternatives de l'évolution à partir du big-bang qui ne nous concernent pas. Stephen Hawking les considère pour expliquer le réglage fin des constantes fondamentales de la nature qui a permis d'aboutir jusqu'à nous. Soit, mais si l'on considère que la création automatique d'histoires temporelles se fait dans le sens inverse du temps - comme Hawking le suggère lui-même dans sa cosmologie top-down - la question de savoir d'où vient ce réglage fin devient caduque, de même que la question de l'origine de l'univers, puisque cette origine devient une fin. Attention, il s'agit là d'une fin pour l'univers physique, mais pas pour nous qui évoluons à contresens, c'est à dire dans le sens du temps. Résumons nous: le passé appartient à la physique, à la mécanique, au déterminisme, alors que le futur nous appartient à nous, à notre vécu, à nos choix. Nous créons l'univers dans le sens du temps pendant que l'univers se créée automatiquement dans le sens inverse. Cela ne veut pas dire que l'univers ne crée pas aussi l'histoire dans le sens du temps. Au contraire, il en crée une infinité, à nous de choisir la bonne ! Car notre création n'en est pas une: il s'agit d'une sélection par notre observation, sous l'influence de notre esprit ou libre arbitre, de l'histoire que nous voulons vivre parmi toutes celles que l'univers nous propose.

J'en viens alors à votre troisième question portant sur l'aspect a priori non économique de la théorie d'Everett du multivers. Effectivement, il faut remarquer que la théorie d'Hawking est tout sauf économique, puisqu'il inclut dans l'univers toutes les histoires possibles lorsqu'on fait varier toutes les constantes fondamentales, or il y en a une vingtaine je crois et Hawking ne dit pas jusqu'à quelle précision l'univers fait varier ces constantes. Or je crains fort qu'il ne soit nécessaire pour lui que cette précision soit infinie si l'on considère la sensibilité aux conditions initiales de la théorie du chaos. On aurait donc une infinité d'infinité d'infinité d'infinité d'infinité (etc: 20 fois) d'univers créés ! Tout ceci me parait complètement effarant, alors que par dessus le marché un seul d'entre eux nous intéresse. Voila pourquoi la théorie d'Hawking, à mon avis, ne tiendra pas la route. Mais il ne faut surtout pas la rejeter, car il suffit juste de la modifier légèrement en reprenant un principe déjà inclus dans cette théorie: toutes les histoires possibles se créent automatiquement, non pas à partir du big bang mais bien à partir du présent, et ceci dans les deux sens du temps. On économise ainsi une infinité à la puissance 20 d'univers et on ne conserve que ceux qui nous intéressent. Etant donné que dans ce cas, le nombre d'histoires possibles reste limité, vers le passé, à celles qui sont cohérentes avec les traces du passé, on enregistre une énorme économie d'histoires possibles. C'est aussi le cas du nombre d'histoires possibles vers notre futur: étant donné que nous sommes soumis, malgré tout, à un grand déterminisme résiduel qui provient de la mécanique et de nos conditionnements, on enregistre, là aussi, une énorme économie de futurs possibles. Par conséquent, la théorie de la double causalité est infiniment plus économe que la théorie de Stephen Hawking et à ce titre, a beaucoup plus de chances d'être exacte.

Une dernière précision fondamentale, concernant l'évolution de l'univers perçue par la théorie de la double causalité: l'histoire vécue y est considérée comme étant la référence à partir de laquelle toutes les histoires possibles sont créées par l'univers. Lorsque cette histoire-référence évolue, toutes les histoires possibles évoluent donc en conséquence. On a donc là un mécanisme possible d'évolution de l'univers: la fonction de l'observation permet de changer l'histoire de référence (la notre). Une question se pose alors: comment changer cette référence ? En effet, une seule vie ne permet de la changer qu'une seule fois. La réponse suivante s'impose alors: pour permettre l'évolution de l'univers, il faut réitérer la fonction de l'observateur plusieurs fois dans la même période de temps, et donc faire vivre plusieurs fois une même tranche de temps (ou de vie). On s'aperçoit ainsi que la théorie de la double causalité nous conduit à la conception d'une incarnation (d'âmes ?) dans l'univers afin de rejouer le temps. J'ai voulu résister à cette conception qui mène très loin, mais je suis bien obligé de me rendre à cette évidence. Attention, j'ai écrit "incarnation" et non "réincarnation", le second terme nous menant encore plus loin sans nécessité à priori. Simplement, pour que l'univers puisse naître du néant, il est indispensable que tout ce que nous avons déjà vécu ait été vécu un très grand nombre de fois, afin qu'à partir d'un commencement très simple (Dieu s'observant lui-même ?) ait pu émerger une évolution très complexe: la nôtre.

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